Pour qui je me mets en action ?

J’accompagne une femme talentueuse dans sa reconversion professionnelle, suite à un burn out professionnel et lors de notre dernière séance, elle m’a posé une question relative à son nouveau projet « Teresa, que pensez-vous de l’articulation de ma nouvelle activité ? Elle correspond bien à mes valeurs, je souhaite que les gens que je reçois soient heureux ».

La phrase terminée j’ai senti un mal être, mon mental avait bon analyser la situation, je ne comprenais pas les raisons de cette émotion. Mon mental étant super entrainé, par des décennies de suprématie sur mon intuition et mon émotionnel, il s’est mis à chercher des arguments pour effacer très rapidement cette sensation. Mais il a échoué 😊.

Pourquoi cette phrase, pourtant remplie de bonté, m’a touchée ? Quelle partie de moi s’est activée ? Et quel est son message ?

Ah, oui ! Je ne l’avais pas vu de suite, mais derrière cette envie de rendre l’autre heureux, il y a un driver puissant, celui de « Fais plaisir !» et dans ma pratique de l’accompagnement aux changements, je vois beaucoup de personnes « victimes » de ce driver, qui s’oublient jusqu’à ne plus être en contact avec leurs besoins. Elles ont appris cette stratégie pour recueillir l’attention et l’amour, elles ont développé une certaine empathie, une capacité d’écoute, un lien social de bonne qualité, … mais parfois, lorsque « l’autre », dans la relation, ne réponds pas par de la reconnaissance, ces mêmes personnes se dirigent tout droit vers l’épuisement.

Comment sortir de cet engrenage qui puise ces racines dans l’enfance ?

Tout d’abord y mettre la lumière, braquer son projecteur intérieur sur le mécanisme du « Fais plaisir », en s’informant sur son fonctionnement en le reconnaissant quand il se met en action. Lui donner aussi un champ d’action limité, par exemple « J’aime bien faire plaisir avec ce petit plat », ou « J’emmène les croissants pour la pause de notre réunion entre collègues ».

Ensuite passer à la phase de se donner le droit de se faire plaisir, du moment où je ne fais de mal à personne et en intégrant le fait que le seul être humain que nous pouvons vraiment rendre heureux c’est nous-même, et que le don que nous pouvons faire au monde, est un moi reconnu et apaisé. C’est ce que j’appelle l’individualisme sacré.